La place se traverse tous les jours, dans les deux sens.
La place des Terreaux ne se visite pas. On la traverse, quatre ou cinq fois par jour, et c'est en la traversant qu'on finit par la voir.
Elle occupe la partie nord de la presqu'île, coincée entre l'Hôtel de Ville et le Musée des Beaux-Arts. C'est le point de bascule de la ville : au sud commence la presqu'île commerçante, au nord démarrent les pentes de la Croix-Rousse. Si vous cherchez encore dans quel quartier dormir à Lyon, c'est ici que la question se tranche.

D'où vient ce nom
De la terre. Au XVIe siècle, un fossé traversait la presqu'île d'un fleuve à l'autre, à peu près à cet endroit. On l'a comblé avec des terres de remblai. Les Lyonnais ont appelé l'espace ainsi gagné les terreaux, et le nom est resté.
La place a longtemps été un lieu d'exécutions publiques. Cinq-Mars et de Thou y ont été décapités en 1642, sur ordre de Richelieu. On n'en parle pas beaucoup sur les panneaux touristiques, mais c'est une partie de son histoire, et ça explique la disposition : une place large, dégagée, faite pour que la foule voie.
La fontaine Bartholdi
Le char et les quatre chevaux, à l'ouest de la place, sont de Frédéric Auguste Bartholdi. Le même que la Statue de la Liberté.
L'histoire est meilleure que la sculpture. Bartholdi l'a conçue en 1857 pour Bordeaux, qui l'a commandée puis n'a jamais pu la payer. Elle est restée en attente pendant plus de trente ans. Lyon l'a achetée en 1890 et installée en 1892. Les quatre chevaux représentaient à l'origine les affluents de la Garonne. À Lyon, on a décidé qu'ils représentaient les fleuves courant vers l'océan. C'est la même sculpture, avec une autre légende.
Elle a changé de place en 1994, lors du réaménagement. Elle était auparavant au centre, face à l'Hôtel de Ville.
Les 69 fontaines de Buren
Le sol de la place est une œuvre. Daniel Buren l'a conçu en 1994 avec l'architecte Christian Drevet : un dallage de granit, des colonnes noires alignées, et soixante-neuf jets d'eau qui sortent directement du sol, sans margelle.
L'été, les enfants courent dedans. C'est prévu. L'hiver, les jets sont coupés et il ne reste qu'un damier de pierre, ce qui donne à la place un aspect complètement différent selon la saison. Si vous venez en février et que vous trouvez la place austère, c'est normal, il vous manque la moitié de l'œuvre.
L'Hôtel de Ville
La façade est du XVIIe siècle. Le bâtiment d'origine, construit entre 1646 et 1651 par Simon Maupin, a brûlé en 1674. La reconstruction a été menée sous la direction de Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de Versailles, avec Robert de Cotte.
C'est l'un des plus grands hôtels de ville de France et l'un des rares à avoir gardé sa fonction depuis trois siècles et demi. Le bas-relief équestre au centre de la façade représente Henri IV.
L'intérieur se visite lors des Journées du patrimoine, en septembre. Le reste de l'année, il faut se contenter de la cour d'honneur, accessible en semaine.
Le Musée des Beaux-Arts
À l'ouest de la place, dans l'ancienne abbaye royale des Dames de Saint-Pierre. Des bénédictines occupaient les lieux jusqu'à la Révolution. Le musée s'y est installé en 1801.
Les collections vont de l'Égypte antique au XXe siècle. C'est l'un des plus grands musées de France par l'ampleur du fonds, et il est étonnamment peu fréquenté par rapport à ce qu'il propose. On y voit du Véronèse, du Rubens, du Rembrandt, un fonds impressionniste solide, et une salle de sculptures dans l'ancien réfectoire.
Deux choses utiles à savoir. Le musée est fermé le mardi. Et le cloître, avec son jardin, est accessible gratuitement, sans billet. C'est un des rares endroits calmes du centre de Lyon : un carré de verdure entouré de galeries, à quinze mètres d'une place qui ne s'arrête jamais.
Les rues autour, celles qui comptent
La place elle-même est un espace de passage. La vie est dans les rues qui en partent.
Rue Sainte-Catherine, vers le sud-est. La rue de sortie de Lyon. Bars serrés les uns contre les autres, foule du jeudi au samedi, bruit jusqu'à deux heures. À connaître pour y aller ou pour l'éviter, selon votre programme.
Rue Romarin et rue du Bât-d'Argent, vers l'est. Plus calmes, avec des commerces de bouche et quelques tables. C'est là qu'on mange quand on habite le quartier.
Rue de la Martinière, vers l'ouest. Elle mène à la Fresque des Lyonnais, un mur peint de 800 mètres carrés où trente personnages lyonnais apparaissent aux fenêtres. Nous en avons fait un guide dédié avec les autres murs peints.
Montée de la Grande Côte, plein nord. L'ancienne voie principale vers la Croix-Rousse, avant les tunnels et les funiculaires. Elle grimpe droit, en escaliers et en pente, sur cinq cents mètres. En haut, le Gros Caillou, un bloc de roche déposé là par un glacier et devenu emblème de quartier. C'est le chemin le plus direct vers les pentes de la Croix-Rousse.
Place de la Comédie, à cent mètres au sud-est. L'Opéra de Lyon y tient : une façade néoclassique de 1831 surmontée d'une verrière en demi-cylindre noir, ajoutée par Jean Nouvel en 1993. Le bâtiment descend six niveaux sous terre. Le parvis est devenu un spot de danse le soir, les danseurs répètent devant les vitres.
Le quotidien, concrètement
Marché quai Saint-Antoine, au bord de la Saône, tous les matins sauf le lundi. Douze minutes à pied depuis les Terreaux, le long des quais. C'est le marché alimentaire de la presqu'île, et il est bien meilleur que sa discrétion ne le laisse penser.
Métro Hôtel de Ville - Louis Pradel, lignes A et C, directement sur la place. La ligne C est celle qui monte à la Croix-Rousse par une crémaillère, un des trois métros à crémaillère au monde.
Boulangeries, épiceries, pharmacie : tout est dans un rayon de trois cents mètres. C'est le principal argument du quartier pour un séjour de plusieurs jours. On n'organise pas ses journées autour des transports.
Ce qu'on voit en trois jours sans prendre un transport
Depuis les Terreaux, en marchant :
Le Vieux Lyon et la cathédrale Saint-Jean, 7 minutes
Les pentes de la Croix-Rousse et la cour des Voraces, 10 minutes
Le plateau de la Croix-Rousse et son marché, 20 minutes
La place Bellecour, 10 minutes
Les quais de Saône jusqu'à Saint-Paul, 15 minutes
Fourvière par les escaliers, 30 minutes et du souffle
C'est cette densité qui fait le 1er arrondissement. Pas la place elle-même, qui est belle mais qu'on finit par traverser sans lever les yeux. Ce qu'il y a autour.
Nos appartements sont ici, aux Terreaux et rue Constantine. Voir les disponibilités.






