Les murs peints de Lyon : où les voir et ce qu'ils racontent
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Les murs peints de Lyon : où les voir et ce qu'ils racontent

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Cent cinquante fresques, et des fenêtres qui n'existent pas.

Vous marchez rue de la Martinière, vous levez les yeux, et trente personnes vous regardent depuis des fenêtres qui n'existent pas.

Lyon compte environ cent cinquante murs peints. C'est la plus forte concentration d'Europe, et ce n'est pas un hasard : la ville a des pignons aveugles en quantité, hérités d'un urbanisme qui a beaucoup démoli et beaucoup reconstruit, et une coopérative locale qui en a fait sa spécialité depuis 1978.

Deux de ces fresques valent le déplacement. Elles sont toutes les deux accessibles à pied depuis la presqu'île nord, ce qui en fait une sortie naturelle si vous logez dans le 1er arrondissement.

Les murs peints de Lyon : où les voir et ce qu'ils racontent

Pourquoi Lyon et pas ailleurs

La question se pose, parce que le phénomène n'a pas d'équivalent en France à cette échelle.

Trois raisons se cumulent.

Les pignons. Lyon a beaucoup démoli au XIXe et au XXe siècle, en perçant des rues et en reconstruisant par îlots. Chaque opération laisse derrière elle des murs mitoyens devenus aveugles, hauts de cinq ou six étages, sans ouvertures. Ailleurs on les enduit. Ici on a fini par les peindre.

La coopérative. CitéCréation naît en 1978 d'un groupe d'étudiants des Beaux-Arts qui peint son premier mur dans le quartier de la Duchère. L'atelier est devenu une entreprise, il a peint la majorité des murs de la ville et travaille aujourd'hui dans une quinzaine de pays. C'est cette continuité qui explique l'homogénéité de style d'une fresque à l'autre.

La commande publique. La Ville et les bailleurs sociaux ont financé une grande partie des murs, souvent avec les habitants associés au choix du sujet. Ce n'est donc pas du street art toléré, c'est de la peinture murale commandée, ce qui explique le soin apporté aux échafaudages, aux enduits et aux reprises.

Le résultat se voit dans la durée : une fresque de 1987 est encore lisible, ce qui n'arrive presque jamais avec une peinture de rue laissée sans entretien.

La Fresque des Lyonnais

2 rue de la Martinière, 1er arrondissement. Cinq minutes à pied de la place des Terreaux.

Huit cents mètres carrés sur un pignon de six étages. L'illusion est totale : balcons, volets, encadrements, ombres portées. Il faut traverser la rue et regarder en biais pour comprendre que tout est plat.

Trente personnages y apparaissent, à des fenêtres et à des balcons. Ce sont des Lyonnais, et ils sont organisés par époque, du haut vers le bas.

Dans les étages, les figures historiques : Jacquard et son métier à tisser, Ampère, les frères Lumière, Antoine de Saint-Exupéry, Pauline Jaricot, Édouard Herriot. Au rez-de-chaussée, dans ce qui ressemble à des commerces, les contemporains : Paul Bocuse en cuisine, Bernard Pivot avec ses livres, Bertrand Tavernier.

Le jeu consiste à en reconnaître le plus possible avant de lire le panneau. La plupart des gens en trouvent quatre.

La fresque a été réalisée en 1994 et 1995 par CitéCréation.

Le Mur des Canuts

Boulevard des Canuts, 4e arrondissement, sur le plateau de la Croix-Rousse. Vingt minutes à pied depuis les Terreaux, ou trois stations de métro C.

Mille deux cents mètres carrés. C'était la plus grande fresque murale d'Europe à sa création en 1987.

Ce qui la rend unique n'est pas sa taille, c'est qu'elle a vieilli.

Le mur représente une scène de quartier : un escalier, des façades, des passants. En 1997, dix ans après, CitéCréation l'a repeinte. Les enfants du premier mur avaient grandi. Les commerces avaient changé. En 2013, nouvelle mise à jour, même principe : les enfants de 1987 y sont adultes, accompagnés de leurs propres enfants.

Une fresque qui suit le temps réel plutôt que de le figer. C'est une idée simple et elle fonctionne : les habitants du quartier se reconnaissent dedans, et certains ont posé pour les trois versions.

L'escalier peint au centre est le meilleur trompe-l'œil de la ville. Vous verrez des gens s'arrêter pour vérifier s'il monte vraiment quelque part.

Le reste du quartier, marché, cour des Voraces, montée de la Grande Côte, est détaillé dans notre guide de la Croix-Rousse.

Les autres, si vous avez le temps

La Bibliothèque de la Cité, quai de la Pêcherie, 1er arrondissement. Une bibliothèque peinte sur quatre cents mètres carrés, où les ouvrages sont ceux d'auteurs liés à Lyon et à la région. Sur le trajet entre les Terreaux et la Saône, donc sans détour.

Le Musée urbain Tony Garnier, quartier des États-Unis, 8e arrondissement. Vingt-cinq murs peints sur les barres d'un quartier social conçu par l'architecte Tony Garnier dans les années 1920. Les fresques reprennent ses dessins de la Cité industrielle, plus des œuvres d'artistes internationaux. C'est loin du centre, une trentaine de minutes en tramway, et c'est le projet le plus intéressant de la ville sur le fond. À réserver à un troisième ou quatrième séjour.

Le mur des Lumière, quartier Monplaisir, 8e. Sur les lieux mêmes où les frères Lumière ont tourné la Sortie de l'usine en 1895.

Comment les regarder

Trois conseils, appris en se trompant.

Reculez. Ces fresques sont calculées depuis un point de vue précis, en général le trottoir d'en face ou l'angle de la rue. De près, l'illusion s'effondre et vous ne voyez que de la peinture.

Venez quand le mur est éclairé. La Fresque des Lyonnais est orientée de façon à recevoir la lumière l'après-midi. Le matin, elle est dans l'ombre et perd la moitié de son relief.

Ne cherchez pas à tout identifier. C'est un mur, pas un examen.

Un itinéraire d'une heure trente

Depuis la place des Terreaux :

  1. Rue de la Martinière, Fresque des Lyonnais. Vingt minutes sur place.

  2. Descente sur les quais de Saône, quai de la Pêcherie, Bibliothèque de la Cité. Dix minutes.

  3. Remontée par la montée de la Grande Côte jusqu'au plateau. Vingt-cinq minutes, ça grimpe.

  4. Boulevard des Canuts, Mur des Canuts. Vingt minutes sur place.

  5. Retour en métro C depuis Croix-Rousse, trois minutes.

Faisable en une heure trente sans se presser, avec une montée sérieuse au milieu. Si vous voulez couper l'effort, prenez le métro à l'aller et redescendez à pied.

Les deux fresques principales étant sur la presqu'île nord et sur le plateau, ce parcours dépend directement de votre point de chute. La comparaison des quartiers est dans notre guide pour choisir où dormir à Lyon.

Nos appartements sont à cinq minutes de la Fresque des Lyonnais, rue Constantine et aux Terreaux. Voir les disponibilités.

Une question ? Notre équipe vous répond.

Disponible tous les jours de 8 h à 20 h.

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